vendredi 21 décembre 2007

Le general Franco (la cause du debut de l'eta).


Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde Salgado Pardo de Andrade, plus couramment appelé général Francisco Franco (né le 4 décembre 1892 au Ferrol (Galice) en Espagne, mort le 20 novembre 1975 à Madrid en Espagne) était un militaire et le chef de l'État espagnol de 1939 à 1975, présidant un gouvernement autoritaire et dictatorial avec le titre de Caudillo (guide) : « Generalísimo Francisco Franco, caudillo de España por la gracia de Dios ».


Biographie:

Jeunesse et formation,Franco naît au Ferrol, un port de Galice. Véritable ghetto militaire, le Ferrol est un milieu fortement marqué par la tradition militaire et le dévouement à l'État, où la famille Franco vit depuis sept générations. Son père, Nicolás Franco Salgado-Araújo, est intendant général de la Marine. Coureur de jupons, il n'est pas à l'aise dans le milieu très conservateur de Ferrol. Sa mère, Pilar Bahamonde y Pardo de Andrade, est une femme très pieuse, très attachée à ses enfants. Francisco est baptisé dans la paroisse San Francisco du quartier des officiers le 17 décembre 1892.
Surnommé Paquito par ses camarades à cause de sa petite taille, il est d'abord envoyé dans une école privée, puis passe deux ans au collège du Sacré-Cœur, avant d'entrer à l'École de préparation navale. Élève moyen, il se destine naturellement à la Marine, comme sa tradition familiale l'y incite et comme tous les enfants de Ferrol. La fermeture de l'École navale de Ferrol en 1907 le contraint à chercher une autre voie. Le 29 août 1907, il entre alors à l'Académie d'infanterie de Tolède. La même année, son père est promu à Madrid, lassé du milieu militaire fermé de Ferrol. Ses relations avec sa femme s'étant dégradées, il insiste pour que sa famille ne le suive pas. On apprend peu après qu'il a une maîtresse en ville : la séparation est alors définitive.
L'Académie de Tolède est de niveau médiocre : son concours d'entrée consiste en un examen de la maîtrise des quatre opérations arithmétiques et une vérification rapide de la constitution physique. Ses cours sont également assez sommaires. En 1910, Franco en sort 251e sur 312. Ces maigres performances doivent cependant être relativisées au regard de son jeune âge : il n'a que 18 ans alors que ses camarades sont plutôt âgés de 20 ou 21 ans. Le 13 juillet, il est promu segundo teniente, c'est-à-dire sous-lieutenant.

Carrière militaire:

Une fois sa formation achevée, Franco est affecté à la garnison de Ferrol. Il y mène une vie de garnison, terne et monotone. Dès février 1912, il doit partir pour le Maroc, dans le 8e régiment d'Afrique.

Au Maroc:

Le 19 mars 1912, il essuie le premier feu ennemi. Déterminé à sortir de l'anonymat, il demande en 1913 à être affecté au régiment des réguliers indigènes, réputé pour sa bravoure mais aussi pour sa loyauté incertaine. Il participe à de nombreuses opérations et le 12 octobre, obtient la croix du mérite militaire, première classe. Dès le mois de mars 1915, il est promu capitaine. Peu à peu sa légende prend forme : les Maures le pensent invulnérable.
Cette réputation prend fin en mars 1915 : il est très grièvement blessé au ventre, au cours d'une attaque contre le fort d'El-Biutz. Il est alors promu commandant, malgré l'avis défavorable du Haut Conseil militaire. Alphonse XIII a en effet intercédé en sa faveur, à sa demande. Il reçoit le commandement d'un bataillon d'infanterie cantonné à Oviedo, aux Asturies. Franco y découvre pour la première fois le prolétariat, les ouvriers-mineurs, dont les conditions de vie sont misérables. Cette expérience marquera beaucoup ses opinions sociales. Au cours de l'été 1917, le général Burguete, gouverneur militaire de la province, décrète l'état de guerre en réponse à de violentes grèves dans les mines. Franco assiste alors à la répression.

À la Légion:

En 1919, Franco rencontre le lieutenant-colonel José Millán-Astray, dont l'ambition est de créer une unité militaire d'élite selon le modèle français de la Légion étrangère. En 1920, son projet est accepté. Millán-Astray offre à Franco le commandement de la 1re bandera (bataillon), lequel part cantonner à Ceuta en octobre. Franco impose à ses légionnaires un entraînement très strict. Parallèlement, il se montre impitoyable face aux révoltes indigènes. Après le désastre d'Anual en 1921, il autorise ses hommes à appliquer la loi du talion : les légionnaires mutilent, pillent, violent et tuent. Suite à ce désastre, il est appelé à Melilla pour reconquérir le terrain face à Abd el-Krim.
En janvier 1922 il est de nouveau affecté à Oviedo. Il reçoit la médaille militaire et est nommé lieutenant-colonel. Il profite de sa gloire nouvelle pour demander en mariage Carmen Polo Martínez-Valdés, jeune fille de la bonne bourgeoisie, rencontrée lors de sa première affectation en 1917. Le mariage est reporté suite au décès du commandant de la Légion : Franco le remplace, sur recommandation du roi. Il se marie finalement le 22 octobre 1923.
C'est à partir de cette année 1923 que l'on commence d'ailleurs à employer le terme de caudillo (chef de guerre lors du Moyen Âge espagnol) pour désigner Franco.
Le 13 septembre 1923, Miguel Primo de Rivera a instauré un régime dictatorial par un coup d'État. Face aux difficultés rencontrées au Maroc, il songe à un retrait. Pendant les mois de novembre et décembre 1924, Franco doit effectivement superviser l'évacuation de Xanten. Sa bonne conduite le fait nommer colonel. Peu après, Abd el-Krim s'attaque à des populations françaises. En réponse, la France s'allie à l'Espagne. Primo de Rivera approuve un plan de débarquement à Alhucemas. C'est un succès : Franco est élevé au rang de général de brigade en février 1926, ce qui fait de lui le plus jeune général d'Europe — il n'a alors que 33 ans. Quelques mois plus tard naît la fille de Franco, María del Carmen, surnommée Nenuca. Les honneurs se succèdent pour lui ; en 1927, il est même chargé d'accompagner le roi dans son voyage officiel en Afrique.

L'Académie militaire de Saragosse:

Le 4 janvier 1928, Primo de Rivera recrée l'Académie générale de Saragosse. Cette fois, il en fait un passage obligé pour tous les futurs officiers, et nomme Franco à sa tête. Ce dernier surveille étroitement d'abord les travaux de construction des bâtiments puis, s'inspirant de son expérience tolédane, rédige lui-même le règlement intérieur de l'Académie. Il impose ainsi des chambrées de trois cadets « pour éviter les mariages. »
Suivant leur appréciation du personnage lui-même, les historiens jugent de manière variable le travail de Franco à l'Académie. Il est certain que la nouvelle école militaire est meilleure que l'ancienne, ne serait-ce qu'en raison de l'élévation du niveau de recrutement (baccalauréat élémentaire). Franco impose l'anonymat des copies au concours d'entrée, diminue le nombre d'élèves par professeur, installe de nombreuses douches, interdit le bizutage et fait même distribuer des préservatifs aux étudiants. Il sait se faire respecter, voire apprécier : 90 % des 720 officiers formés par l'Académie rejoignent ensuite le camp franquiste pendant la guerre civile.
En juillet 1931, la Seconde République supprime par décret l'école. Comme l'ensemble du corps enseignant, Franco est placé en disponibilité forcée et surveillé. Pour Franco, qui s'était totalement impliqué dans la création de l'Académie, c'est là un mauvais coup qu'il prend très mal. Le 14 juillet il exprime son mécontentement publiquement, en prenant congé de la dernière promotion de cadets :
« La discipline ne confère aucun mérite lorsqu'un ordre nous est agréable. La discipline revêt sa vraie valeur lorsque nos pensées nous conseillent le contraire de ce qu'il nous est ordonné, lorsque notre cœur cherche à susciter une rébellion intérieure, ou lorsqu'un ordre est arbitraire ou erroné. Telle est la discipline que nous observons. »
Franco essayera dès le lendemain de se disculper auprès de Manuel Azaña, chef du gouvernement, qui voudra bien se contenter de ces explications et éviter l'affrontement public. Il lui adressera seulement un avertissement discret par une lettre lui exprimant son « déplaisir ». Malgré la modération du propos, il est clair qu'il ne sous-estime pas la personnalité du général. Il note dans son journal qu'il est « le plus dangereux des généraux », mais il ne veut pas élargir le fossé qu'il vient de creuser entre les militaires et lui.
Malgré tout, Franco ne participera pas à la Sanjurjada, tentative de coup d'État du général Sanjurjo en août 1932. Ayant suffisamment satisfait aux enquêtes de la république, il est affecté à La Corogne comme commandant de la XVe brigade d'infanterie, en février 1932. Franco gardera à Azaña, une rancune tenace de cette période de quarantaine.

Franco face à la sanjurjada:

Le soulèvement de la garnison de Séville le 10 août 1932, dirigé par le général Sanjurjo, bute contre la grève générale déclenchée par la CNT et le Parti communiste de Séville. Il est arrêté à Madrid et condamné à mort puis gracié, voyant sa peine commuée en détention à vie ; les autres conjurés comme le général Goded et le colonel Varela sont aussi emprisonnés. Le gouvernement républicain ne veut pas faire de martyrs.
Franco, dont on imagine mal qu'il ne soit pas tenu informé de ce que les Espagnols nomment la « sanjurjada », a eu pendant toute la préparation du complot de fréquents contacts avec Sanjurjo. Il entretenait avec ce militaire des liens d'amitié noués en Afrique, mais semble dès le départ avoir pris ses distances. Il racontera plus tard que le hasard lui avait fourni un alibi de poids : il avait pensé s'éloigner de la Corogne le jour du coup d'État pour une promenade de plaisir dans la région, mais l'officier qui était censé le remplacer étant tombé malade, il dut y renoncer. Azaña qui avait appelé la région militaire au téléphone pour vérifier sa présence, avait eu le soulagement de le trouver à son poste. De toute façon, à aucun moment il n'a adhéré ni n'a éprouvé de sympathie pour ce putsch. Lorsque Sanjurjo lui demande d'assurer sa défense, après son arrestation, il a ce mot très dur :
« Je ne vous défendrai pas. Vous méritez la peine de mort, non pas parce que vous vous êtes soulevé, mais parce que vous avez échoué. »
Il n'est pas homme à se lancer dans des aventures incertaines, ni à les approuver, mais n'en continue pas moins à lui rendre régulièrement visite à la prison où il est interné : il n'est pas homme non plus à faillir à la loyauté qu'il croit devoir à sa caste.

La guerre civile:

Article détaillé : Guerre civile espagnole.
Dans le climat révolutionnaire qui règne en Espagne, Franco est observé de tous les côtés. Il paraît l'un des militaires les plus susceptibles de prendre la tête d'un soulèvement armé. Pour cette raison, il est nommé gouverneur militaire aux îles Canaries, loin de la péninsule. En fait, Franco est alors peu convaincu par l'opportunité d'un coup d'État. C'est sous la IIe République qu'il a atteint l'apogée de sa carrière. Bien que monarchiste d'éducation, il se satisfait d'une république bourgeoise, conservatrice et maintenant l'ordre. Il est peu enclin à risquer sa carrière dans une aventure mal préparée.
De fait, c'est Emilio Mola et non Franco qui est l'inspirateur et l'organisateur de la tentative de coup d'État de 1936 contre le gouvernement en place, alors mené par le Frente Popular. Certes, il est au courant depuis le début des activités des conjurés, mais il attend le 13 juillet, date de l'assassinat du chef monarchiste José Calvo Sotelo pour les rejoindre.
Franco se voit attribuer l'armée du Maroc, forte de 30 000 hommes aguerris, véritable fer de lance du complot. La mort accidentelle de Sanjurjo, chef historique de l'opposition monarchiste, et les échecs des généraux Goded et Fanjul à Barcelone et Madrid propulsent Franco sur le devant de la scène.
Le pronunciamiento échoue par manque d'adhésion de l'armée : sur 21 généraux de division, seuls 4 se rallient au soulèvement. C'est à ce moment que les milices ouvrières, qui ne croient pas en la capacité du gouvernement à faire face, entrent en scène. Le conflit se transforme alors en une guerre civile.
Franco se décide alors à acheter 12 avions italiens, payés par son ami le banquier Joan March, ainsi que des Junkers allemands, afin d'établir un pont aérien reliant le Maroc à Séville. Au mois d'août, il lance un convoi naval à partir de Ceuta, forçant ainsi le blocus établi par la République. Encore une fois, il est servi par la division de ses adversaires : désorganisée par les mutineries socialistes et anarchistes au sein des équipages, la flotte gouvernementale ne peut arrêter le convoi de Franco. Il réussit ainsi à transporter 23 400 hommes.
Jusqu'alors, Franco reste neutre sur la nature du régime qu'il entend donner à l'Espagne. Sa déclaration du 21 juillet 1936 s'achève même par « vive l'Espagne et vive la République » : le Mouvement est dirigé contre le Front populaire, et non la République à proprement parler. Lors de la création de la « Junte de défense nationale », le 23 juillet, on ne relève également aucune indication sur le régime souhaité, ni aucune connotation religieuse.
Très vite, les atrocités surviennent. Le 1er août, Franco confie à Juan Yagüe trois colonnes, chargées d'effectuer la jonction avec l'armée du Nord, en passant par l'Extrémadure. Yagüe est un ancien camarade de l'Académie de Tolède. Le 14 août, il s'empare de Badajoz, où il fait fusiller 2 000 prisonniers de guerre. Alors que la presse internationale se scandalise, Franco félicite Yagüe, lequel menace Madrid en septembre. Parallèlement, le cabinet Giral chute, remplacé par celui de Largo Caballero.
Alors que la guerre civile paraît devoir prendre fin rapidement, Franco décide, à l'étonnement général, de suspendre la marche sur Madrid. Il détourne l'armée d'Afrique pour porter secours aux défenseurs face au siège de l'Alcazar. De ce fait, il sacrifie un objectif militaire au profit d'un geste politique. La légende des cadets de l'Alcazar constituera l'un des éléments de la mythologie franquiste. On a pu également suggérer qu'il était de l'intérêt de Franco de faire durer la guerre, afin de mieux « nettoyer » le terrain, ainsi que pour raffermir son pouvoir personnel au sein de la junte. Il est ainsi avéré que Franco a refusé toute médiation durant la guerre, même celles émanant du Saint-Siège.
Le 21 septembre, la Junte de défense se réunit, et Franco est nommé général en chef pour la durée de la guerre, mais son frère Nicolás, à l'insu des autres généraux, publie une version altérée du texte où les pouvoirs du Caudillo apparaissent comme permanents. Le 28, la fonction de chef de l'État lui est adjointe par décret. Le 1er octobre, à Burgos, il est investi des pleins pouvoirs. L'évêque de Salamanque compare le Mouvement à une croisade, introduisant ainsi un motif religieux jusque-là absent.
Durant ce mois, les grandes puissances européennes, malgré les accords de non-intervention, s'engagent dans la guerre civile. L'Union soviétique par ses chars (peu nombreux) et les Brigades internationales (2 000 hommes au début) appuient le Front populaire et ses défenseurs — CNT et FAI (anarchiste), POUM (marxiste), PC (staliniste), UGT (socialiste). En face, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste se rangent dans le camp de l'insurrection militaire en envoyant d'importants contingents d'hommes et de matériels. Le 26 avril 1937, jour de marché, une centaine d'avions de la légion Condor (Luftwaffe) procède au bombardement de la ville basque de Guernica, sans motif militaire autre que celui de terroriser une population acquise au gouvernement républicain. C'est la première fois qu'une ville européenne est soumise à un tel traitement. Sur les 7 000 habitants, 1 645 sont tués et 889 blessés, selon les chiffres du Gouvernement basque.
Le 3 juin, Mola meurt dans un accident, laissant ainsi Franco sans rival. À la tête de l'armée, avec le titre de généralissime, il prend peu à peu le contrôle de l'Espagne. Un manque chronique d'effectifs le pousse à enrôler de force dans les régions qu'il contrôle. On compte également de nombreux engagements volontaires, 60 000 par exemple pour les Canaries. Il recrute également des alfereces (sous-lieutenants) provisoires : il s'agit d'étudiants ou de jeunes cadres bénéficiant d'une formation militaire accélérée. 30 000 sont ainsi recrutés pendant la Guerre civile. Sur ce chiffre, un tiers demeurera dans l'armée, le reste constituant les futurs cadres du régime franquiste.
La guerre civile se termine le 1er avril 1939, après la bataille de l'Èbre (de juillet–octobre 1938), qui sonne le glas des espoirs républicains, et la conquête de la Catalogne espagnole (Mars 1939). Franco se retrouve seul maître de l'Espagne et il devient officiellement "chef de l'État". Il impose alors une dictature empirique sur les principes du national-catholicisme. Les démocraties ne tardent guère d'ailleurs à reconnaître le nouveau régime et la France envoie le maréchal Pétain comme premier ambassadeur dès le défilé de la victoire à Madrid.
À la fin de la guerre civile, on dénombre plus de 150 000 soldats morts durant les combats (autant de civils). Plus de 440 000 républicains espagnols se sont réfugiés en France (comptabilisés au 9 mars 1939) puis encore des dizaines de milliers d'autres les rejoignent, contraints à l'exil pour échapper à la terrible répression qui s'abat alors sur l'Espagne (plus de 30 000 exécutions sommaires). Des estimations récentes donnent le chiffre de plus de 200 000 personnes fusillées ou mortes suite aux mauvais traitements dans les prisons franquistes et dans les camps de concentration de Miranda de Ebro, Albatera, Castuera et Los Almendros, entre autres, après 1939.
Conscient de son inexpérience en matière politique, Franco s'appuya sur son beau-frère, Ramón Serrano Súñer, la Phalange et l'Église catholique, ralliée à son camp après les massacres anticléricaux de 1936, sans oublier les monarchistes (carlistes, conservateurs et autres).

La dictature de Franco (1939 - 1975)
Article détaillé : franquisme.
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Espagne reste officiellement neutre mais soutient l'Allemagne au début de la guerre : en juin 1941, Franco envoie une division sur le front de l'Est contre l'Union soviétique (cette unité appelée la Division Azul, ou Division Bleue, qui combat sur le front de Léningrad) ; en août de la même année, il autorise le régime nazi à recruter 100 000 ouvriers espagnols « volontaires » pour aller travailler en Allemagne ; les navires de guerre allemands peuvent se ravitailler et être réparés dans les ports espagnols ; les services secrets espagnols et allemands collaborent pour recueillir des renseignements sur les Alliés ; l'Espagne fournit le tungstène indispensable à l'industrie d'armement allemande.
Mais l'Espagne ne s'engagea finalement pas militairement aux côtés de l'Allemagne en octobre 1940 comme le souhaitait Ramón Serrano Súñer, ministre des Affaires étrangères jusqu'en 1942 et beau-frère de Franco. Cette non intervention est due à une prise de conscience de l'immoralité nazie (Franco livrera après la guerre de nombreux nazis, ou pro nazis tel Pierre Laval) : pour Bartolomé Bennassar, Franco gagnait du temps et laissait se faire les luttes d'influence au sein de son gouvernement. Il n'avait pas non plus les moyens d'engager l'armée au côté de l'Allemagne alors que le pays était en pleine répression.
À son retour d'Hendaye où il a rencontré Franco, Hitler exprime son mépris pour le personnage (qui l'a d'ailleurs fait attendre en gare). De plus, Hitler ne voulait pas mécontenter le maréchal Pétain, dirigeant d'un pays aux richesses abondantes, pour obtenir le maigre appui d'une Espagne exsangue. De nombreux Juifs passeront la frontière pyrénéenne pour se réfugier en Espagne, avant, pour certains, de gagner d'autres pays. Mais surtout Franco fait délivrer par ses consulats, notamment en France, en Hongrie et en Grèce, des passeports espagnols aux Juifs descendants de ceux qui ont fui l'Espagne après 1942. Ainsi Franco a évité la déportation de 70 000 Juifs, en s'interposant auprès de Hitler.
Devant les pressions américaines (les États-Unis fournissent le pétrole à l'Espagne), les problèmes économiques soulevés par l'autarcie sur laquelle essaie de s'appuyer le régime, et la résistance victorieuse de la Grande-Bretagne, Franco reste en retrait et abandonne peu à peu son soutien aux forces de l'Axe à partir de l'été 1943. Son meilleur allié est à l'époque Antonio de Oliveira Salazar, bien que les relations personnelles entre les deux hommes soient tendues, mais le dictateur portugais Salazar est soutenu par les Britanniques.

Armoiries de l'Espagne franquiste
À la fin de la guerre, le régime est très fragile : la situation économique laissée par la Guerre est désastreuse. L'autorité de Franco est condamnée quasi unanimement par la communauté internationale. Cependant, dès 1945, les Britanniques épargnent et soutiennent indirectement le régime franquiste contre les français qui soutiennent l'isolement de l'Espagne (isolement approuvé lors de la conférence de Potsdam). À partir du discours sur le rideau de fer, l'Espagne va apparaître vite comme un rempart contre le communisme aux yeux des anglo-saxons et les rapports se détendent. Le régime reprend contact avec les Britanniques et les Américains via son ambassade au Portugal et postule à l'OTAN au début des années 50. Franco autorise les États-Unis à implanter 4 bases sur le territoire espagnol en septembre 1953 (traité hispano-américain).

Franco et le président Dwight Eisenhower à Madrid en 1959
Le régime gagne peu à peu sa légitimité. L'Espagne entre à l'ONU en 1955 puis le président américain Dwight Eisenhower, un des grands vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, vient en Espagne en 1959 et défile triomphalement à Madrid au côté de Franco. Le régime est sauvé.
La loi sur les principes fondamentaux du Mouvement national est votée le 17 mai 1958 alors que le régime évolue et quitte définitivement ses oripeaux fascistes sous l'influence de l'Opus Dei.
Le régime se libéralise peu à peu dans les années 1960 sur le plan économique, beaucoup moins sur le plan politique où le Caudillo règne sans partage.
Les infrastructures (chemins de fer et réseaux routiers) sont modernisées et un gigantesque système hydraulique (barrages et irrigation) est construit pour contrer les effets de la sècheresse. L'agriculture espagnole atteint alors un développement colossal qui fait trembler (notamment en France) à l'idée que ce pays puisse entrer dans le Marché commun. Le taux de croissance atteint alors 8% par an.

La fin du régime franquiste:

Le Général Franco en 1969.
En 1969, c'est devant les Cortes Generales que Franco désigne Juan Carlos pour lui succéder à sa mort, en tant que roi d'Espagne.
Au début des années 1970, malade, Franco se résout à nommer un président du gouvernement. Il choisit son bras droit, l'amiral Luis Carrero Blanco. Celui-ci est tué dans un attentat des Basques de l'ETA le 20 décembre 1973 à Madrid.

Sainte Croix del Valle de los Caidos

Sépulture du général Franco
De plus en plus affecté par la maladie de Parkinson qui le ronge depuis 1969, Franco est victime d'un refroidissement en 1975, puis d'une hémorragie interne qui entraîne son transfert à l'hôpital de la Paz. Après une opération le 14 octobre, il est dans le coma. Il sera maintenu en vie artificiellement afin, selon certains auteurs, que le prince Juan Carlos accepte le 30 octobre d'assumer les fonctions de chef de l'État. Malgré sa maladie, il signe les dernières sentences à la peine de mort de 8 activistes d'ETA et le FRAP, et autorise le retrait du Sahara espagnol qui sera ensuite annexé par le Maroc. La fille du dictateur agonisant persuade les médecins de le laisser mourir. Il s'éteint le 20 novembre 1975 à 5 h 20 du matin, le même jour que Primo de Rivera. Le bulletin officiel annonçant le décès énumère ainsi les causes de la mort :
« Maladie de Parkinson, cardiopathie, ulcère digestif aigu et récurrent avec hémorragies abondantes et répétées, péritonite bactérienne, insuffisance rénale aiguë, thrombophlébite, broncho-pneumonie, choc endotoxique et arrêt cardiaque. »
Sur ordre du Roi , Franco est inhumé à la basilique Sainte-Croix del valle de los Caídos.
Officiellement rétablie en 1947, la monarchie retrouva un roi après sa mort en la personne de Juan Carlos Ier, petit-fils d'Alphonse XIII.

Postérité franquiste:

L'héritage principal de Franco est le retour de la monarchie en Espagne mais aussi indirectement le terrorisme de l'ETA et la situation du Sahara occidental. Trois autres principes imposés par le Caudillo à son successeur ont été respectés pendant le processus de transition :
seuls les Cortes franquistes et le Mouvement national (parti unique) peuvent décider de leur propre dissolution, qui fut achevée le 1er avril 1977
aucune chasse aux sorcières contre des militaires ou des membres de l'administration ne serait effectuée en cas de démocratisation du régime.
l'unité de l'Espagne ("Una, Grande, Libre") doit être maintenue, ce qui signifie pas d'indépendance pour la Catalogne espagnole, ni pour le Pays-Basque espagnol (néanmoins, l'établissement des Communautés autonomes (Autonomías) sera inscrit dans la nouvelle Constitution de 1978).
Sur le plan culturel, le vent de liberté que l'Espagne a connu après la fin du franquisme aboutit logiquement une libération. Elle est accompagnée d'une ébullition créatrice avec l'apparition d'une nouvelle génération de créateurs et d'artistes.

Projet de recommandation de condamnation du régime par le Conseil de l'Europe (2006):
Le 4 novembre 2005, un projet de Recommandation émanant de la Commission des questions politiques de l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe déclare la « Nécessité de condamner le franquisme au niveau international »[1].
Ce projet, qui devrait être débattu en mars en commission permanente de l'assemblée, soutient que « la violation des droits de l’homme n’est pas une affaire interne qui ne concerne que l'Espagne seule », raison pour laquelle « le Conseil de l’Europe est prêt à engager un débat sérieux sur ce sujet au niveau international ».
En outre, le projet de rapport recommande au Conseil des Ministres de déclarer le 18 juillet 2006 comme journée officielle pour condamner le régime franquiste.

Toponymie:
Plaque « General Franco »
Le régime de Franco a laissé de nombreuses traces dans le paysage urbain espagnol, à l'exception des régions autonomes de Catalogne et du Pays basque, particulièrement touchées durant la guerre civile et la dictature.
Si beaucoup de rues au nom du Caudillo ou du Generalísimo ont été débaptisées au début des années 1980, de nombreuses artères, notamment dans les villes moyennes, continuent de célébrer Franco ou ses alliés (par exemple José Antonio Primo de Rivera, le général Mola, le Général Sanjurjo).

Plaque « Generalísimo »

Statue équestre de Franco à Santander_(Espagne)
Ainsi León, Gijón, Santander, Santa Cruz de Tenerife ou Puerto de la Cruz (Tenerife) ont gardé leur toponymie franquiste.
Des monuments continuent également de célébrer Franco, ses alliés et ses victoires (Arco de la Victoria à Madrid, statue à Santander, divers monuments aux morts, l'Alcazar de Tolède).
En juillet 2002, le monument équestre représentant Franco, située durant 35 années sur la Plaza de España, sa ville natale du Ferrol (El Ferrol del Caudillo), fut déboulonné à l'aube du 5 juillet pour être transféré à l'arsenal militaire. La municipalité avait prévu la construction d'un stationnement de 625 places en sous sol.
En 2004, le nouveau gouvernement socialiste espagnol a proposé une loi de réparation envers les victimes de la guerre et de la dictature. Il a demandé également que la toponymie et tous les symboles franquistes subsistant soient retirés de la voie publique. Les opposants à cette dernière proposition dont Felipe Gonzalez parlent de combat d'arrière-garde et rappellent que ces monuments font partie de l'héritage espagnol, pour le meilleur et pour le pire.
Dans la nuit du 16 au 17 mars 2005, à 1h00 (GMT) sur décision du conseil des ministres, la statue équestre de Franco au centre de Madrid a été déboulonnée et transférée dans un hangar à l'abri des regards.
Le 8 novembre 2005, sa statue (inaugurée en 1977 pour commémorer son action en tant que colonel de la légion après le désastre de Annual en 1921), située dans la ville de Melilla fut déplacée de 50 mètres pour permettre la réalisation de travaux publics. Le gouvernement (conservateur) de la cité autonome de Melilla a refusé qu'elle quitte la voie publique et soit transférée au musée militaire comme le réclamait l'opposition locale.

Monnaie et timbres:

Le portrait de Franco a figuré sur de nombreuses pièces de monnaie et timbres-poste espagnols. Toutes les pièces à son effigie ont été retirées de la circulation le 1er avril 1997.

Les Espagnols et Franco 30 ans après sa mort:

Au moment du 30e anniversaire de la mort de Franco, une enquête de l’Institut Opina (du 17 novembre 2005, voir le lien en espagnol dans la section « Liens externes ») est publiée pour connaître l’opinion de la société espagnole sur la figure historique de Franco, l’héritage de son régime et le risque de répéter cette période. À la question sur le jugement qu'ils portent sur la dictature de Franco, 63,7% la jugent négative, 23% sont sans opinion et 13,3% la jugent positive.
Selon un sondage de la radio de droite Cadena SER publié le 18 novembre 2005, 55,5% des espagnols déclarent éprouver de l'« indifférence » envers le dictateur, 29,8% du « rejet » et 7,6%, de la « nostalgie ».
Une enquête du Centre d'enquêtes sociologiques relève que 65,9% des Espagnols considèrent que les victimes de la guerre civile ont reçu « une reconnaissance différente selon le camp auquel ils appartenaient », mais estime à 72,9% qu'un « hommage doit les inclure toutes ».
Enfin, toujours sur le sujet, selon un autre sondage publié le 19 novembre 2005 par le quotidien conservateur El Mundo, 41,3% des Espagnols jugent que la politique du gouvernement socialiste de M. Zapatero « rouvre des blessures du passé » plutôt qu'elle ne « favorise la réconciliation » (25,5%).

Sa famille:

María del Carmen Polo Martínez-Valdés (1902-1988) : son épouse. Après avoir rencontré Franco en 1917, elle l'épouse en 1923 et en 1926, donne naissance à leur seul enfant, María del Carmen. Elle est décédée à Madrid en 1988.
María del Carmen Ramona Felipa de la Cruz Franco Polo : sa fille. Elle a épousé Cristóbal Martínez-Bordiú, marquis de Villaverde le 10 avril 1950. Elle vit aujourd'hui surtout à Miami (Floride). Sa fille a épousé Alphonse « duc d'Anjou » et leur fils cadet est aujourd'hui le prétendant légitimiste à la couronne de France, Luis Alfonso de Borbón y Martónez-Bordiú. Elle dirige La fondation Franco, fondée en 1977. Ses objectifs ont pour but de veiller sur la mémoire du dictateur.
Nicolás Franco (1891-1977) : le frère aîné. Ingénieur naval, fonctionnaire du ministère de la Marine, il est devenu le principal conseiller du Caudillo au début de la guerre civile. Il termine sa carrière comme Ambassadeur à Lisbonne puis comme homme d'affaires.
María del Pilar Franco (1894-1989) : la sœur. Membre des phalanges espagnoles, elle ne joua cependant aucun rôle politique. Ses deux livres de souvenirs personnels publiés en pleine transition démocratique ont été des best-sellers.
Ramón Franco (1896-1938) : le frère cadet. Aviateur célèbre et populaire, de conviction républicaine qui le conduise en prison sous la dictature de Miguel Primo de Rivera, il n'en rallie pas moins son frère aîné après juillet 1936. Il meurt le 28 octobre 1938 dans un accident d'avion.
Ramón Serrano Súñer (1901-2004) : le beau- frère. Il a épousé Zita, la sœur de Carmen Polo. Impliqué dans le pronunciamiento de 1936, il est emprisonné par les républicains. Évadé en février 1937, il supplante Nicolás Franco comme conseiller et ministre du Caudillo. Proche du fascisme italien, il est éloigné à partir de 1942.

jeudi 20 décembre 2007

l'eta en France?


L'ETA a menacé d'ouvrir un nouveau front en France contre les forces de sécurité espagnoles, après avoir revendiqué le récent meurtre de deux gardes civils à Capbreton (sud de la France), estimait samedi la presse espagnole.

Dans un communiqué dont de premiers extraits avaient été diffusés vendredi soir par le quotidien basque Gara, l'organisation séparatiste armée a revendiqué "l'exécution" de deux jeunes gardes civils lors d'une "confrontation armée" à Capbreton (sud-ouest) le 1er décembre.

L'ETA y affirmait par ailleurs son intention de continuer à agir "en tout lieu" contre "les forces et l'appareil répressif de l'Etat espagnol".

Nombre de quotidiens espagnols estimaient samedi que cela signifiait que l'ETA allait désormais cibler des agents espagnols des forces de l'ordre en France, ce qui constituerait l'ouverture d'un nouveau front pour le groupe armé.

200 à 300 policiers et gardes civils espagnols effectuent actuellement des missions contre l'ETA en France en coopération avec les forces de sécurité françaises.

Dans son édition de samedi, Gara précise que l'ETA, dans son communiqué, demande à Paris si la France "est disposée à offrir son soutien à toutes les actions des forces armées espagnoles", une question qui paraît constituer une menace voilée.

Le quotidien proche des milieux indépendantistes ne publie que des extraits en espagnol du communiqué et non la version intégrale.

L'organisation armée est jugée responsable de 819 morts en Espagne, dont près de 200 gardes civils, en près de 40 ans de violence.

Le quotidien El Pais affirme que le ton d'ETA dans son dernier communiqué est bien différent de celui d'un texte de décembre 2001, après une fusillade entre étarras et policiers français.

L'organisation avait alors parlé "d'affrontements involontaires", "fortuits", prenant bien soin de préciser qu'il n'y "avait pas de nouveau front en France" et que les policiers français avaient été blessés "contre la volonté de l'ETA".

Le journal ABC affirme pour sa part qu'"en tout lieu" est une référence limpide à la France, alors que Madrid loue régulièrement l'action de Paris contre l'ETA.

Le quotidien catalan La Vanguardia estime de son côté que si l'ETA a exclu les agents français de ses cibles, elle tuera des membres espagnols des forces de l'ordre sur le territoire français.

Dans son communiqué, ETA a revendiqué le meurtre des jeunes gardes civils Raul Centero et Fernando Trapero tués le 1er décembre, ainsi que quatre autres actions dont une tentative d'attentat à la voiture piégée contre la délégation du ministère espagnol de la Défense à Logroño (nord-est) le 9 septembre.

ETA a par ailleurs revendiqué l'explosion d'une charge le 25 septembre contre un commissariat de la localité basque de Zarautz, l'attentat à la voiture piégée qui avait blessé un garde du corps le 9 octobre à Bilbao, et la pose de deux bombes à proximité d'un tribunal de la localité de Getxo au Pays Basque, où un policier avait été blessé le 11 novembre.
Rafa Rivas AFP ¦ Sigle de l'ETA sur le mur d'une maison dans le village basque de Llodio, dans le nord de l'Espagne, le 15 décembre 2007.

Principaux fait d'espagne


Rappel des principaux événements de l'histoire d'Espagne :
- VIIème siècle avant JC : Les Celtes (venus du nord-ouest) et les Ibères, (venus d'Afrique du nord), occupent l'Espagne et forment la population des "Celtibèriques". - IIIème siècle avant JC : Conquête romaine. - Vème siècle après JC : Invasion des Wisigoths. - 711 : Les Maures d'Afrique du nord franchissent le détroit de Gibraltar. En cinq ans, la domination arabe s'étend sur la quasi totalité du territoire. Seules les régions de Leon, des Asturies et des Pyrénées échappent à la conquête arabe. Xème siècle: Début de la reconquête chrétienne qui s'achèvera avec la prise de Grenade par les Rois catholiques en 1492 : les Arabes sont définitivement chassés de la péninsule. - 1469 : L'union de Ferdinand d'Aragon et d'Isabelle de Castille, les Rois catholiques, marque le début de l'unité espagnole. - 1492 : Christophe Colomb, mandaté par l'Espagne, découvre l'Amérique. - 1516-1556 : Règne de Charles Quint, le premier souverain du royaume d'Espagne. Son fils, Philippe II lui succédera (1556-1598). C'est l'apogée de l'Espagne : la monarchie s'accroît des possessions de la Maison d'Autriche, du Portugal et des nouvelles colonies d'Amérique. - 1700 : A la mort sans postérité de Charles II, c'est le duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV qui monte sur le trône d'Espagne, sous le nom de Philippe V (1701-1746). A la dynastie des Habsbourg a donc succédé celle des Bourbons. Fin du "Siècle fort" espagnol. - 1805 : Victoire à Trafalgar de la flotte britannique dirigée par l'Amiral Nelson contre celles de la France et de l'Espagne. - 1808 : Napoléon 1er force Charles IV à abdiquer en faveur de son frère Joseph Bonaparte (Joseph Ier). Après les cinq ans de la guerre d'Indépendance, les Bourbons reprennent leur trône, avec Ferdinand VII (1814-1833). - 1810-1826 : Les colonies espagnoles d'Amérique, à l'exception de Cuba et Porto Rico, conquièrent leur indépendance. - 1833 : Première guerre carliste, qui sera suivie de deux autres au cours du siècle (1849 et 1872), qui voit aussi une éphémère première république (1873). - 1874 : Restauration monarchique au profit d'Alphonse XII. Son fils Alphonse XIII lui succède en 1902 au terme de la régence de la reine Marie-Christine. - 1898 : Perte des dernières colonies (Cuba, Puerto Rico, Philippines) ; crise morale profonde. - 1923-1930 : Dictature de Primo de Rivera. - 1931 : Elections municipales qui voient la victoire des républicains. La 2ème république est proclamée le 14 avril. Février 1936 : Elections législatives. Courte victoire républicaine. - 1936-1939 : Guerre civile (Guerre d'Espagne) qui débute par le soulèvement des militaires regroupés derrière le général Franco. Victoire des nationalistes. - 1939-1975 : Franco instaure une forme de dictature. Il rétablit la monarchie en 1947 et s'institue régent à vie. L'opposition se renforce au Pays Basque et en Catalogne. - 31 juillet 1959: Fondation de l'ETA (Euskadi Ta Askatasuna - Pays basque et Liberté) qui décidera la lutte armée en 1966. - 20 décembre 1973 : L'Amiral Carrero Blanco, premier ministre, est tué dans un attentat de l'ETA à Madrid. - 20 novembre 1975 : Mort de Franco. Le petit-fils d'Alphonse XIII est proclamé roi d'Espagne sous le nom de Juan Carlos 1er. - 6 décembre 1978 : La nouvelle Constitution est approuvée par référendum. - 23 février 1981 : Echec d'une tentative de coup d'Etat militaire. - 30 mai 1982 : L'Espagne adhère à l'OTAN. - 28 octobre 1982 : Victoire socialiste aux élections législatives. Felipe Gonzalez devient Président du gouvernement. - 1er janvier 1986 : Entrée de l'Espagne dans la CEE et introduction de la TVA. - 22 juin 1986 : Elections législatives qui confirment F. Gonzalez comme Président du Gouvernement. - 29 octobre 1989 : Elections législatives, les socialistes obtiennent la majorité absolue à un siège près. - Avril 1992 : Exposition universelle de Séville. - Juillet 1992 : Jeux Olympiques à Barcelone. - 6 juin 1993 : Elections législatives anticipées. Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) remporte les élections pour la quatrième fois consécutive et Felipe Gonzalez est confirmé à son poste de Président du Gouvernement. - 3 mars 1996 : Elections législatives anticipées. Victoire du Parti Populaire, Centre droit, sur le Parti socialiste. - Mai 1996 : Investiture de José Maria Aznar comme Président du Gouvernement. - 16 septembre 1998 : Annonce par l'ETA d'une trêve "unilatérale et illimitée". - 12 mars 2000 : M. Aznar est réélu à la majorité absolue.- 11 mars 2004 : Attentats à Madrid perpétrés par les intégristes islamistes d'Al Qaeda faisant presque 100 morts.- 14 mars 2004 : Victoire socialiste aux élections législatives sur le Parti Populaire et son candidat Mariano Rajoy. José Luis Rodriguez Zapatero sera investi comme Président du Gouvernement.- 22 mars 2006 : Annonce par l'ETA d’un « cessez-le-feu permanent », devant aboutir à la disparition du mouvement armé.- 29 juin 2006 : Annonce officielle par José Luis Rodriguez Zapatero de l'ouverture du dialogue avec l'ETA.

mercredi 19 décembre 2007

Communiqué d’Euskadi Ta Askatasuna au peuple basque

Cela fera bientôt 30 ans que la Constitution espagnole nous a été imposée. Ex-franquistes et (faux) démocrates espagnols célèbrent déjà l'événement. En 1978, nous, les Basques, avons rejeté cette Constitution qui va à l’encontre des droits de notre peuple, précisément parce qu'elle empêche le Pays Basque de décider de son avenir en démocratie et en liberté.
Cette Constitution, qui maintient le Pays Basque dans le cadre de la légalité espagnole, constitue un obstacle à la construction d'un État basque. Il s'agit d'assimilation c'est-à-dire, de la disparition du peuple basque.
En tout état de cause, de nos jours, négation politique et séparation institutionnelle sont des instruments dressés contre la volonté des Basques. La Constitution espagnole, et la législation qu'elle génère, constitue la principale limite antidémocratique qu’on nous impose. Il nous revient, à tous et à toutes, de la combattre pour repousser et supprimer ces limites.
Quelques-uns, par contre, ont trouvé leur place dans le cadre de l'État espagnol. Comme on a pu le constater en Navarre, la principale préoccupation des soi-disant « progressistes », « démocrates » et « abertzales » est de se répartir au mieux les miettes du pouvoir, à l'issue d'élections antidémocratiques, et de justifier la stratégie de guerre du gouvernement espagnol, au lieu de dénoncer l'état d'exception qu'on impose à notre peuple. Pire, l'église espagnole a nommé un général comme évêque de Navarre.

Veulent-ils la paix ? Veulent-ils nous conquérir une nouvelle fois par le glaive et par l'épée ?
Cette tentative de justifier l'attitude du gouvernement espagnol ne saurait faire oublier les événements de ces derniers mois, parce que les masques sont tombés. Le gouvernement espagnol, ne respectant pas les points décidés avec l’ETA lors des négociations, a essayé de miner les positions de la gauche indépendantiste et de désactiver le projet indépendantiste du Pays Basque.
L'objectif du gouvernement espagnol était de mener à terme un processus dépourvu de tout contenu politique, en définitive, un processus de reddition verrouillant la négation et la division territoriale du Pays Basque, avec, à la clé, une mise sous contrôle de la résistance basque.
Mais, il a échoué. Et toute solution non basée sur les droits démocratiques du Pays Basque serait de même vouée à l'échec. Pendant les négociations, l’ETA a proposé une résolution pour que le Pays Basque soit réinvesti de ses droits, mais la réponse du gouvernement espagnol a été négative. Finalement, cette attitude négative du PSOE a provoqué la rupture des négociations, le PSOE n'ayant pas fait preuve de la volonté nécessaire pour mener à terme un processus de paix.
Le gouvernement espagnol ne veut pas renoncer à son attitude d'imposer par la force une restriction des droits du Pays Basque, parce qu'il refuse d'accepter que les Basques décident librement et sans restriction de leur avenir ; le gouvernement espagnol a peur de sortir perdant du conflit entre son projet et celui du Pays Basque. Il sait que l’avenir politique, économique et culturel des Basques se trouve dans un État basque indépendant, parce que tout avenir leur est fermé sous la domination de l’Espagne ou de la France. C'est pourquoi le gouvernement du PSOE ferme la porte à cette option de notre peuple, refuse le droit à l’autodétermination et maintient la division territoriale du Pays Basque dans le cadre de l'Espagne, comme si le Pays Basque n’était qu’un morceau de sucre à diluer dans son processus de réforme.
La dynamique de ces derniers mois, par contre, a mis en évidence la crise du PSOE et du PNV. Le PNV d’Imaz et d'Urkullu ne comprend pas que sa tentative de rééditer l'esprit d'Arriaga et de l’époque Ardanza a mené le parti au bord de la rupture. La base du PNV, contrairement à ses dirigeants, n'accepte pas les manoeuvres de « séduction » de l'Espagne et la défense des intérêts des patrons représenté par la direction actuelle du PNV.
La base du PNV n'accepte pas non plus qu'Imaz soit disposé à négocier avec le Parti Populaire, l’ultra droite. Elle n’accepte pas que Balza et d'autres dirigeants de la CAV (Communauté Autonome Basque) utilisent police et médias contre le peuple. La police basque frappe les citoyens, les arrête ou les épie, pour utiliser ensuite la télévision et la radio basques (EiTB) comme instrument d’intoxication et de désinformation. EiTB a pour mission de masquer la réalité face aux dénonciations de torture et de persécution. En outre, le massacre politique des prisonniers basques est incessant. En la matière non plus, EiTB n'informe pas et se garde de montrer les preuves de la torture et de la persécution. Ils préfèrent protéger leur petit confort et détourner le regard, même si pour cela, ils doivent lécher la main qui les nourrit. A-t-on oublié qu'un organisme public n'a pas de propriétaire, et ne saurait être placé au service d'intérêts particuliers mais au service du peuple ? Tous ces responsables devront un jour répondre de leurs actes devant une future justice basque.
Le Parti Socialiste également est en crise au Pays Basque, d'où il ressort que le Parti Socialiste de Navarre n'est qu’une marionnette manipulée depuis Madrid. Les intérêts de l'État espagnol priment sur les intérêts de la société navarraise. Et voilà que de nombreux adhérents du PSN et du PSE sont furieux. Et ce n'est pas sans raison. Il fut un temps où les socialistes basco-navarrais prenaient leurs décisions comme des grands, mais c'est maintenant le responsable d’organisation du PSOE, M. Blanco, qui leur dicte ce qu’ils doivent faire. Voilà l'origine de la crise du Parti Socialiste.
Bien des citoyens sont furieux également après avoir entendu dire à M. Zabaleta (tête de liste de NaBai, coalition nationaliste) qu’en échange d'un poste de responsabilité, il était disposé à laisser de côté l’avenir de la Navarre et du Pays Basque. Leur colère est tout à fait légitime.
Que l'objectif de Madrid soit la liquidation du projet indépendantiste du Pays Basque est un fait. Madrid veut non seulement utiliser la division territoriale du Pays Basque comme monnaie d’échange, mais le gouvernement espagnol cherche également que la gauche indépendantiste et le projet indépendantiste soient assimilés par l'Espagne.
Nous voulons alerter la société basque de ce danger, puisque les manœuvres politiques qui vont suivre poursuivront cet objectif. Mais ils n’arriveront pas à leurs fins.
Nous lançons un appel à tous les abertzales et démocrates pour qu'ils continuent à travailler, puisque tout le monde est nécessaire pour que de nouvelles opportunités de création d'un État basque voient le jour. Nous lançons un appel à tous et à toutes pour que le déficit démocratique et l’injustice régnante soient dénoncés haut et fort.
L'ETA annonce que c'est dans cet objectif et pour obtenir des conditions démocratiques permettant de défendre tous les projets politique du Pays Basque sur un pied d'égalité, que l'organisation a pris la décision de reprendre ses attaques contre les infrastructures de l'État espagnol sur tous les fronts, et de défendre le Pays Basque les armes à la main.
Finalement, Euskadi ta Askatasuna veut exprimer ses condoléances les plus sincères à la famille et aux amis du gudari (combattant) récemment décédé, Sabino Euba, Pelopintxo.
Nous serons un exemple dans notre lutte quotidienne jusqu'à la victoire. Au revoir et honneur à toi, camarade !
Pays Basque, septembre 2007
Revendication des derniers attentats
L'ETA, organisation socialiste révolutionnaire basque pour la libération nationale, revendique les actions armées suivantes :
Deux actions à l'explosif, le 25 juillet, à Belagua, au passage du Tour de France. Il nous faut dénoncer que, bien que l’ETA ait averti à l'avance de la mise en place des explosifs, les autorités espagnoles ont décidé de ne pas procéder à l'évacuation de la zone, comme c'est actuellement trop souvent le cas. Dernièrement, le ministère de l'Intérieur espagnol évite de procéder à l'évacuation ou le fait partiellement. Nous alertons sur les conséquences d’une telle décision. La responsabilité d'éventuels préjudices graves retomberait sur les représentants politiques espagnols et sur la police.
Le 24 août, attaque à la voiture piégée à Durango. L’explosion a causé d'importants dégâts matériels et a blessé deux gardes civils.
Le 26 août, explosion d’une voiture piégée à Castellón.
Le 2 septembre, action à l'explosif sur les routes d'accès au Pays Basque.
Euskadi Ta Askatasuna
Pays basque, setembre 2007


Euskadi Ta Askatasuna,ETA

Nom original: Euskadi Ta Askatasuna,ETA
Pays: Espagne

(Patrie et Liberté) Mouvement nationaliste, puis marxiste, apparu en 1959, avec pour objectif l'indépendance de la région basque espagnole. Selon certaines informations, l'ETA aurait été fondée au Venezuela, sous les instructions de Boris Ponomarev, chef du Département International du Parti Communiste d'URSS. Ses effectifs sont évalués à 100-200 activistes. Elle entretient des liens réguliers avec l'organisation séparatiste basque française Iparretarrak, qui lui fournit un soutien politique et logistique.

Historique
L'ETA est créée par les membres dissidents de deux organisations : l'Euzko Gaztedi Indarra (EGI) émanation du Parti Nationaliste Basque, fondée en 1952, et l'Ekin, un groupe nationaliste fondé en 1953 par un groupe d'étudiants de l'Université de Deusto (Bilbao). Ces deux mouvements cherchent à promouvoir le nationalisme basque.

L'Ekin a pour objectif l'indépendance des provinces espagnoles et françaises du pays basque, qui composent l'Euskadi. Le mouvement se radicalise progressivement et conduit, le 31 juillet 1959, à la création de l'Euskadi Ta Askatasuna (ETA), qui se veut clandestine et révolutionnaire.

Le 28 juin 1960, l'explosion d'une bombe à Amara marque la première manifestation sanglante de l'ETA. Elle est suivie par une série d'attentats à la bombe dans le pays basque espagnol. Sa première opération d'envergure est une tentative de déraillement d'un train transportant des vétérans de la Guerre d'Espagne en 1961. La brutalité de la réponse de la police espagnole force certains responsables du mouvement à s'expatrier.

Afin de gagner en popularité, l'ETA se réfère à la lutte historique du peuple basque pour son indépendance, notamment durant la Guerre Civile espagnole.

En mai 1962, l'ETA tient sa première assemblée, afin de déterminer les axes de la lutte armée. L'ETA se défini alors elle-même comme un " mouvement révolutionnaire basque de libération nationale créé pour la résistance patriotique, socialiste, sans confession et économiquement indépendant. ". Il est décidé de former et entretenir des combattants professionnels. L'Euskadi (la terre à libérer) est divisée en sept provinces (" herrialdes ") : trois en France (Hegoalde) et quatre en Espagne (Iparralde).

Lors de sa troisième assemblée en mai 1964, l'ETA décide que le terrorisme est le meilleur moyen pour atteindre ses objectifs.
La cinquième assemblée se déroule en deux phases, la première en décembre 1966 voit une premier éclatement entre l'ETA-Berri (ETA Nouvelle) et l'ETA-Zarra (ETA Ancienne).

L'ETA Berri prône une révolution prolétarienne qui rassemble les différents peuples " oppressés " de l'Espagne, pour appliquer la dictature du prolétariat. ETA Berri se fondra dans le Mouvement Communiste d'Espagne (MCE) pour devenir le Mouvement Communiste Basque en 1968. L'ETA-Zarra deviendra simplement l' " ETA ".

En mars 1967, la seconde partie de la cinquième assemblée l'ETA est divisée en quatre secteurs, qui doivent faciliter la conduite du mouvement : militaire, politique, économique et culturel.

En septembre 1970, la sixième assemblée de l'ETA V voit à nouveau l'opposition entre les tenants de l'option " militaire " et les " marxistes ", qui prônent la lutte des classes. L'assemblée décide l'exclusion des " militaires " de l'organisation. Ceux-ci, niant le déroulement de la sixième assemblée prennent la désignation d' " ETA Ve Assemblée " ou " ETA V ". L'ETA devient donc l'ETA VI, avec l'objectif de mener la révolution de la classe ouvrière dans un contexte nationaliste.

L'ETA VI se divise à son tour en un groupe majoritaire (" Mayos "), qui rejoint la Ligue Communiste Révolutionnaire en 1973, et minoritaire (" Minos ") qui se fondra dans l'Organisation Révolutionnaire des Ouvriers et le Parti Communiste.

L'ETA V tient la première partie de " sa " sixième assemblée en août 1973, avec pour objectif de délimiter le champ d'action des partisans de la révolution ouvrière et les militaristes. Les " militaristes " commencent à préparer l'attentat du 20 décembre 1973 contre l'Amiral Luis Carrero-Blanco, sans l'avis des " ouvriers ". L'ETA V est alors au sommet de sa popularité.

En 1974, lors de la seconde partie de sa sixième assemblée l'ETA V éclate en deux factions:
l'ETA Militaire (ETA-M), qui prône la lutte armée. L'ETA-M a pour objectif la destruction de l'Etat bourgeois par la lutte armée. Elle se comporte et fonctionne comme une force de résistance en territoire occupé.

l'ETA Politico-Militaire (ETA-PM), dont les objectifs sont plus politiques sans pour autant renoncer à la lutte armée.

L'ETA-PM restera cependant la faction la plus active sur le plan du terrorisme durant quelques années, essentiellement parce qu'elle compte plus grand nombre de militants.
Lors de la septième assemblée de l'ETA V, en septembre 1976, l'ETA-PM décide de séparer la lutte politique de la lutte militaire, et crée son parti politique : le Parti Révolutionnaire de l'Euskadi (PRE). Le PRE doit représenter le mouvement basque aux élections générales de juin 1977.

Avec la mort du général Franco et le passage à la démocratie, le pays basque reçoit en 1979 un statut d'autonomie, lui conférant la liberté de langue, et diverses libertés administratives par rapport à l'Etat central. L'ETA perd ainsi de facto une certaine légitimité. Il en résulte une violente campagne terroriste, destinée, selon la doctrine de Carlos Marighella, à forcer l'Etat à prendre des mesures répressives, qui devraient éveiller le soutien populaire du mouvement.

L'ETA-PM cherche à prendre un chemin politique pour atteindre ses objectifs et, le 24 février 1981, elle déclare un cessez-le feu et se sépare à son tour en deux entités:
ETA-PM VIIe Assemblée, qui renonce à la lutte armée en septembre 1982, décision qui ne se réalisera dans les faits qu'en 1984.
ETA-PM VIIIe Assemblée, dont les membres plus radicaux, se rallient à l'ETA-M pour continuer la lutte armée.

En fait, la fuite en avant de l'ETA traduit un malaise interne dû aux contradictions entre la lutte pour la classe ouvrière et les activités du mouvement (racket, enlèvements, extorsions, et assassinats) qui touchent précisément le peuple dont le mouvement vise la libération. De plus, ces actions deviennent toujours plus impopulaires et le soutien au parti nationaliste Herri Batasuna (HB) s'effrite.

La stratégie du gouvernement espagnol est de s'attaquer aux sources de financements et aux infrastructures de l'organisation. Les entreprises liées aux activités de l'ETA sont fermées, ainsi que le journal " Egin ", favorable au mouvement (juillet 1998).

Ainsi, le 16 septembre 1998, à l'insistance de HB, l'ETA déclare une trêve unilatérale de durée indéfinie. Le 3 novembre, le président Aznar a demandé l'ouverture de pourparlers afin d'obtenir un cessez-le-feu définitif, mais les discussions restent au point mort : le gouvernement est prêt à faire des concessions sur les 530 membres de l'ETA détenus ainsi que sur les membres exilés de l'organisation, tandis que l'ETA place des conditions politiques sur l'autodétermination de l'Euskadi.

En août 1999, l'ETA juge les concessions proposées par le gouvernement encore trop timides. La violence reprend au pays Basque, mais l'ETA maintient sa trêve.
Les effectifs exacts de l'ETA sont inconnus mais on estime le nombre de militants actifs à 200-300 et le nombre de sympathisants à 200 000.
Aide extérieure et contacts
Si le parrainage soviétique de la création de l'ETA est sujet à discussion, le soutien politique de l'URSS au mouvement l'est beaucoup moins. L'ETA a reçu un soutien logistique des pays de l'Est, notamment en ce qui concerne les armes légères et collectives (pistolets, pistolets-mitrailleurs, lance-roquettes, etc.) L'IRA semble également être à l'origine de certaines livraisons d'explosifs (notamment ceux qui ont servi à l'attentat contre Carrero-Blanco, qui auraient été d'origine suisse et auraient transité par l'Irlande).L'ETA s'est spécialisée dans l'attentat à la bombe, et entretient des contacts étroits avec la Provisional Irish Republican Army dans ce domaine. Mais elle pratique également le hold-up et l'enlèvement contre rançon pour financer ses activités.
L'entraînement du personnel de l'ETA s'est effectué en Libye, à Cuba (depuis 1963), en Algérie, au Liban, au Sud-Yémen, notamment par des instructeurs de l'OLP. Il semble également que certains membres de l'ETA aient été entraînés au Nicaragua, qui a également fourni au mouvement de faux passeports et d'autres documents. La coordination des activités de l'ETA en Espagne et à l'étranger aurait été supervisée par la Direccion General de Inteligencia (DGI) cubaine. L'ETA aurait également envoyé des commandos au Costa Rica et au Salvador, afin de participer aux combats. L'ETA a également participé à la formation de terroristes de la Rote Armee Fraktion et de Prima Linea, depuis 1972.
Les activités de l'ETA ne se limitent pas à la lutte nationaliste, mais comprennent également un combat actif contre l'OTAN. Ainsi, le 13 avril 1985, l'ETA a revendiqué la responsabilité de l'attentat contre un restaurant près de la base aérienne américaine de Torrejon (17 morts et en 82 blessés).

L'ETA a fréquemment utilisé la France comme sanctuaire, pour ses membres ou pour entreposer des armes.
En 1984, on estimait à plus de 500 le nombre d'activistes installés en France . Elle a largement profité de la " faible combativité " du gouvernement socialiste français à l'égard du terrorisme. La collaboration anti-terroriste entre la France et l'Espagne s'est cependant améliorée. Au début des années 80, le gouvernement de Felipe Gonzalez met sur pied le Groupe Antiterroriste de Libération (GAL) - composé de policiers espagnols, qui se rendra responsable de l'élimination de 27 membres de l'ETA en France et en Espagne.
Financement et soutien
En 1984, le trésor de guerre de l'ETA était évalué à quelque 200 millions de dollars par an, provenant en partie d'attaques de banques (quelque 3 attaques par jour, en moyenne, à cette époque) et de fonds privés - contraints ou non -, qui représentaient la majeur partie du financement de l'ETA.

L'histoire E.T.A.

Histoire:
Sa création remonte au 31 juillet 1959. Si le nom est resté inchangé, le contenu de l'organisation a vite évolué. Créée par des jeunes nationalistes, ETA est rejointe à partir des années 1960, par une mouvance révolutionnaire.Elle jouit à ses débuts d'une grande popularité, non seulement au Pays basque, mais aussi dans le reste de l'Espagne pour son opposition frontale au régime dictatorial du général Franco.

En 1962 a lieu sa première assemblée, dans laquelle elle est définie comme une « organisation clandestine révolutionnaire ».
En 1965 commencent les attaques à main armée et l'encaissement de l'impôt révolutionnaire (extorsion de fonds auprès des Basques).
Le 7 juin 1968, le policier José Pardines Arcay est abattu. L'auteur, Txabi Etxebarrieta, est abattu par la police.
Le 2 août, en représailles, le commissaire Melitón Manzanas, un tortionnaire notoire, est abattu par ETA.
L'attentat qui tua en 1973 Luis Carrero Blanco, chef du gouvernement et successeur probable du dictateur Franco, eut un rôle dans la fin du régime franquiste.
À partir de 1974, l'accroissement des attentats de plus en plus indiscriminés aboutit à la scission d'ETA en deux branches, l'une dite « ETA militaire » composée en grande partie d'exilés vivant au Pays basque français qui privilégient l'action militaire et l'autre, « ETA politico-militaire », composée principalement de militants vivant au Pays basque espagnol et qui donnent de l'importance aux actions politiques, sans renoncer au terrorisme.
En 1976 les « poli-milis » privilégient la voie politique, subordonnant la voie militaire à celle-ci, et participent à la création de la coalition nationaliste de gauche Euskadiko Ezkerra (« gauche basque »).
En 1977 les commandos spéciaux (bereziak) de ETA « politico-militaire » rejoignent ETA « militaire ».
En 1982 des pourparlers ont lieu entre le gouvernement central espagnol et la coalition Euskadiko Ezkerra pour mettre fin aux violences ; une amnistie pour les membres d'ETA poursuivis ou incarcérés est accordée en contrepartie de l'arrêt des activités terroristes. ETA « politico-militaire » s'auto-dissout cette même année, ses militants abandonnant l'usage de la violence pour atteindre leurs objectifs.
Cependant, ETA « militaire » (qui est désormais désignée simplement par « ETA », ETA « politico-militaire » s'étant dissoute) considéra comme traîtres ceux qui acceptaient de mettre fin à la lutte armée, et fit assassiner des membres d'ETA en exil qui rentraient au pays sous couvert de l'amnistie.
En 1997, ETA commença à cibler des élus basques, des intellectuels basques ou des policiers basques considérés comme « traîtres ». Le point de départ de cette politique est l'assassinat d'un élu du Parti populaire, Miguel Angel Blanco.
Le sentiment de voir l'action de ETA dégénérer en guerre civile, ainsi que la lassitude de la population devant la violence, ont érodé le support populaire à ETA.
En septembre 1998, ETA décida d'une trêve unilatérale. Devant l'échec des négociations avec le gouvernement espagnol, ETA rompit la trêve en novembre 1999. Les attentats recommencèrent.
A partir de 2002 le gouvernement central espagnol de José María Aznar poursuit une série d'actions contre les organisations politiques et culturelles basques désignés comme collaboratrices de l’ETA : interdiction de partis politiques, d'associations, fermeture de journaux et de radios… Désormais elles peuvent être condamnés par délit d’apologie du terrorisme. ETA peut désormais donner à constater que le règlement politique du conflit est improbable, le gouvernement central espagnol ne la permettant pas sous la pression de la violence.
Les coups policiers portés à l'organisation par la police espagnole et la police française (la France servant souvent de base arrière aux commandos de ETA et à ses dirigeants) déstabilisent régulièrement l'organisation mais le sentiment d'acharnement contre la culture basque alimente par ailleurs une guérilla urbaine (kale borroka) dans laquelle de jeunes radicaux font leurs premières armes.
Répression policière, étouffement des organisations satellites de la gauche basque patriote, ETA traverse après 2002 une crise profonde et ses capacités à commettre des attentats apparaissent de plus en plus faibles. Le nombre des attentats est en baisse et il n'y a aucun attentat mortel entre mai 2003 et décembre 2005. Cela n'empeche pourtant pas le gouvernement de José Maria Aznar, lors des attentats du 11 mars 2004, d'accuser à tort l'organisation ETA.
En 2005, le nouveau gouvernement espagnol de José Luis Rodríguez Zapatero fait voter un texte acceptant le principe de négociations limitées (ne portant pas sur l'indépendance du Pays basque) en échange d'un abandon de la violence.
ETA déclare une trêve en mars 2006 et dénoncera dans un communiqué ultérieur l'absence d'avancée significative de la part des gouvernements des états espagnol et français, reprochant notamment que le rapprochement des prisonniers politique basque ne soit pas ébauché (l'argument retenu par l'organisation est que l'éloignement des prisonniers politiques basques à plus de 500 km de leur terre d'origine est systématiquement appliqué, induisant des dépenses élevées et des accidents de la route parfois mortels chez les familles lors des visites).
En l'absence de tout progrès, ETA après avoir prévenu les autorités espagnoles, commet un nouvel attentat le 30 décembre 2006 dans l'aéroport madrilène de Barajas. Suite à cet attentat, le gouvernement espagnol de José Luis Zapatero annonce la rupture des négociations et charge l'organisation de l'entière responsabilité de cette rupture.ETA a été celle qui a rompu, liquidé, terminé le processus de paix. Cependant, quelque temps après ce dernier attentat, il semble que les négociations reprennent entre ETA et le gouvernement espagnol.
Dans un communiqué adressé le lundi 04 juin 2007 aux quotidiens Berria et Gara, l’organisation armée basque ETA a annoncé la rupture définitive du cessez-le-feu permanent en vigueur depuis le 24 mars 2006. L’ETA motive sa décision en accusant le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero "d’avoir répondu au cessez-le-feu permanent par la poursuite des détentions, des tortures et des agressions en tout genre". L'ETA rappelle également l’interdiction des candidatures de la gauche abertzale lors des élections municipales et forales du 27 mai et affirme ainsi que le Pays Basque souffre d’un "déni de démocratie" .

Chronologie de quelques-unes des actions d'ETA.
7 juin 1968 : Premier attentat mortel de ETA au Pays basque : le garde civil José Pardines est tué par balles.
2 août 1968 : ETA abat Meliton Manzanas, chef de la brigade politico sociale de Gipuzkoa et considéré comme un des plus importants tortionnaires pendant le franquisme.
20 décembre 1973 : Une bombe explose sur le passage de la voiture de l'amiral Luis Carrero Blanco qui est tué. Il présidait le gouvernement espagnol et était considéré comme l'un des successeurs potentiels du général Franco.
13 septembre 1974 : Attentat à la bombe dans la cafétéria Rolando à Madrid : 12 personnes sont tuées.
Septembre 1985 : Premier attentat à la voiture piégée à Madrid : 16 policiers et un civil sont tués.
14 juillet 1986 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 12 gardes civils sont tués. Le chef du commando Madrid, Iñaki de Juana Chaos, est arrêté peu après.
19 juin 1987 : Attentat à la voiture piégée sur le parking du centre commercial Hipercor à Barcelone : 21 morts et 45 blessés.
11 décembre 1987 : Attentat à la voiture piégée près d'une caserne de la garde civile à Saragosse : 11 morts (dont 4 enfants).
19 avril 1995 : Attentat manqué contre le futur premier ministre espagnol, José Maria Aznar.
Août 1995 : La police déjoue un attentat en préparation contre le roi Juan Carlos d'Espagne
17 janvier 1996 - 1er juillet 1997 (532 jours) : Enlèvement et torture du fonctionnaire José Antonio Ortega Lara.
12 juillet 1997 : Enlèvement et assassinat de Miguel Angel Blanco, jeune conseiller municipal de la ville d'Ermua au Pays-Basque. Des millions de personnes manifestent contre ETA.
30 janvier 1998 : Assassinat à Séville du conseiller municipal Alberto Jiménez Becerril et de son épouse, Ascensión García Ortiz.
28 septembre 1999 : Un commando d'ETA, avec la collaboration de bretons de l'ARB, vole 8 tonnes de Titadyn à Plévin.
28 novembre 1999 : Rupture de la trêve unilatérale observée par ETA depuis septembre 1998.
21 janvier 2000 : Attentat à la bombe contre l'officier de l'armée de terre Pedro Antonio Blanco Garcia tué dans sa voiture piégée.
12 juillet 2000 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 10 blessés.
21 novembre 2000 : Assassinat de l'ancien ministre socialiste, Ernest Lluch, tué dans son appartement à Madrid.
30 décembre 2000 : Attentat à la voiture piégée à Madrid, faisant 3 morts.
22 février 2001 : Attentat à la voiture piégée à Hernani, faisant 2 morts.
6 mai 2001 : Assassinat du sénateur et président du Parti populaire d'Aragon, Manuel Jimenez Abad, tué à Saragosse.
6 novembre 2001 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 95 blessés.
23 novembre 2001 : 2 agents de la Ertzaintza assurant la circulation sont abattus à Beasain.
1er mai 2002 : Attentat à la voiture piégée à Madrid, devant le stade du Real quelques heures avant un match : 9 blessés.
4 août 2002 : Attentat à la voiture piégée devant une caserne de la Garde civile, à Santa Pola, station balnéaire au sud-ouest d'Alicante : 2 morts dont une fillette de 6 ans et 34 personnes blessées.
17 décembre 2002 : Un garde civil est abattu sur l'autoroute près de Collado-Villalba.
8 février 2003 : Un chef de la police municipale est abattu à Andoain.
30 mai 2003 : Attentat à la voiture piégée à Sangüesa, tuant 2 gardes civils.
29 février 2004 : Interception d'une camionnette chargée de 500 kg d'explosifs. Le véhicule devait exploser dans Madrid.
le 3 octobre 2004 : Une vaste opération policière autour de Salies-de-Béarn, en France, a permis l'arrestation du numéro un présumé de l'appareil politique de ETA, Mikel Albizu Iriarte, alias Antza, et de sa compagne Soledad Iparragirre Genetxea, dite Anboto chargée de la gestion de l'« impôt révolutionnaire » sur les entreprises.
le 22 mars 2006 : L'organisation annonce un cessez-le-feu permanent, à partir du 24 mars 2006.
le 30 décembre 2006 : Rupture du cessez-le-feu et attentat à la voiture piégée dans le parking du Terminal 4 de l'aéroport de Madrid : 2 morts et 19 blessés légers (dont 15 très légèrement).
le 6 juin 2007: ETA annonce l'abandon du cessez-le-feu permanent (source: communiqué au journal BERRIA).
le 23 août 2007 : Attentat à la camionnette piégée devant une caserne de la Garde civile à Durango : 2 blessés.
le 16 novembre 2007 : 13 pistolets automatiques sont dérobés dans une caserne de CRS à La Talaudière.
le 1er décembre 2007 : 2 gardes civils espagnols en mission d'observation en France sur l'ETA sont abattus sur le parking d'une cafétéria à Capbreton.
Personnes tuées par attentats:

Civils:341

Policiers ou militaires:480

Total:821

Source: Ministère de l'Intérieur espagnol (janvier 2006) Mis à jour:03/12/07
Au total, les attentats attribués à ETA ont fait plus de 800 morts en 35 ans.
Le journal italien Corriere della Sera a accusé en 2004 l'ETA d'avoir envoyé des combattants en Irak par l'intermédiaire du Camp Anti Impérialiste, mais ces accusations n'ont pas été confirmées.
Un film permettant d'avoir une vision « de l'intérieur » de la relation qu'ont les Basques avec leur histoire politique est La pelote basque, la peau contre la pierre (Julio Medem, 2003). Operacion Ogro relate l'organisation et le succès de l'attentat contre l'amiral Carrero Blanco. Voir aussi le film de Miguel Courtois, El lobo, Espagne, 2006. Celui-ci raconte l'histoire d'un basque devenant agent des services secrets espagnols et s'infiltrant au cœur de l'organisation basque entre 1973 et 1975.